Ballade

Désirs sans destin

Du 21 au 31 mai 2013, une traversée de lieux et de désirs sera proposée aux publics allant du Théâtre Saint Gervais à la résidence Utopiana à Saint Jean et vice-versa. Cette traversée se caractérisera par plusieurs approches performatives au sein d’une même vision pluridisciplinaire et produira, en mode interactif, des formes sémantiques différentes.
Conçue par deux artistes femmes et un philosophe, ce projet creuse au-delà de la dichotomie du soi et de l’autre fondée sur la représentation et expérimente au sein de différents dispositifs scéniques le désir en tant que force, moteur, conséquence ou catastrophe.
Désirs sans Destin s’emparent de la question sur l’être au monde pas seulement sur son errance et son rapport fragile qu’il entretient avec l’autre. Le spectateur sera convié à des moments ponctuels à participer dans des espaces de désirs qui seront en mouvement permanent pendant deux semaines et qui se chercheront entre deux lieux distincts à Genève: un théâtre et une maison. L’ensemble de ce projet est un essai agencé entre les chantiers de différents désirs dont les destins sont indéterminés, bloqués ou simplement dominés.
Enoncer Désir sans destin signifie que le désir se vide de sa vitalité, devient insensible et la réalité qu’il produit est insoutenable, ce pourquoi une crise s’installe dans la subjectivité pour chercher des nouvelles formes. Défaire le noeud du désir et du destin, ce serait alors identifier le désir le plus intime à l’ensemble des manières dont on peut cesser d’être soi.

Ce projet engage une expérimentation performative qui croise des matières philosophique et artistique sous un mode ludique et interactif – une sorte de hybris entre plusieurs formes et formats – tout en réfléchissant de manière commune aux possibles liens et rapports à instaurer entre les espaces de désirs, le spectateur et le temps de la création.

Le délire est un combat du Moi en vue de l’existence, pour échapper à l’enlisement de sa propre possibilité.

Henri Maldiney

Evénement
Maison Saint-Gervais

Rue du Temple 5
1201 Genève
Suisse

Stefan Kristensen

Stefan Kristensen est philosophe, docteur et habilité à diriger des recherches en esthétique et en philosophie. Il est depuis septembre 2019 professeur d’esthétique et dethéorie de l’art à la Faculté des arts de l’Université de Strasbourg.Auparavant, il fut assistant-doctorant au Département de philosophie de l’Université de Genève de 2000 à 2006, collaborateur scientifique dans le même Département de 2007 à 2010, puis au Département d’histoire de l’art de 2010 à 2016, et enfin, de 2017 à 2019, chercheur postdoc à l’Université de Heidelberg avec un projet de recherche personnel soutenu par la Fondation Fritz Thyssen sur la question de l’inconscient dans la psychosomatique. Il a soutenu une thèse de philosophie en 2007 sous la direction de Renaud Barbaras (Paris 1) et une HDR en 2016 sous la direction de Jean-Christophe Goddard.
Il est l’auteur d’ouvrages et d’articles qui explorent le rôle et la structure du sujet dans les pratiques artistiques et dans la clinique psychiatrique. Sa thèse, publiée en 2010 chez Georg Olms sous le titre Parole et subjectivité. Merleau-Ponty et la phénoménologie de l’expression, discute la question du passage du sens perceptif au sens linguistique chez Husserl, Gurwitsch et Merleau-Ponty, et montre que le paradoxe de l’expression (pourquoi exprimer le sens du perçu par le langage si celui-ci n’y ajoute rien, et s’il y ajoute quelque chose, comment être sûr de ce qui a été perçu ?) est lié à la fixation d’une certaine forme du sujet, celui de la connaissance. Il a publié en 2014 un ouvrage surJean-Luc Godard (L'Age d’Homme) où il montre l’importance de la phénoménologie de la perception chez Godard pour comprendre la portée politique de son cinéma. En 2017, il a publié La Machine sensible (Editions Hermann), une étude sur l’expérience subjective du machinique, à travers la psychiatrie, l’art et l’ontologie.

Anna Barseghian

Après des études d’architecture en Arménie, Anna Barseghian a continué comme artiste visuelle. Elle a obtenu un diplôme postgrade en communication visualisation infographiques à l’Université de Genève. Parallelement à son travail artistique elle conçoit et réalise des projets dans le cadre de l’association Utopiana, cofondé avec Stefan Kristensen en 2001 à Genève.

Maya Bösch

Née en 1973 à Zürich, Maya Bösch se distingue aujourd’hui sur la scène artistique et culturelle par le caractère exploratoire et novateur des formes théâtrales qu’elle conçoit.
Après ses études de mise en scène à Bryn Mawr (Pennsylvanie, État-Unis), elle fonde la Compagnie sturmfrei à Genève en 2000. Avec la Compagnie, elle crée plus de trente spectacles, dont du théâtre, de la performance, de l'installation, de l'exposition, et aussi du cinéma.

En parallèle de ses créations, Maya développe un projet éditorial, une série de quatre publications intitulées : ON SPACE (2014), ON BODY (2016), ON SOUND (2019) et ON TIME (prévu en 2020) qui révèle son approche, ses recherches, ses visions et ses perspectives.
De 2006 à 2012, Maya Bösch dirige avec Michèle Pralong le GRÜ / Transthéâtre Genève, une scène expérimentale et pluridisciplinaire de théâtre.
En 2011 et 2014, Maya programme deux festivals sur l’art de la performance intitulés Jeter son corps dans la bataille et la 17e édition du Festival BONE à Berne où elle invite des artistes romands et internationaux.Maya Bösch a obtenu plusieurs bourses et le prix suisse du théâtre en 2015 par l’Office fédéral de la Culture pour l’ensemble de son travail en tant qu’artiste, metteure en scène et curatrice.

Depuis 2012, Maya Bösch est régulièrement invitée à donner des workshops dans des Hautes écoles pour la mise en scène, la direction d’acteurs, l’esthétique et la performance ; notamment au Théâtre National de Bretagne à Rennes, L'ENSATT à Lyon, Arts2 à Mons. Elle participe à de nombreuses plateformes professionnelles, à des jurys, et intervient sur le théâtre post-dramatique, la performance et les formes et esthétiques expérimentales et nouvelles.
À La Manufacture, elle est intervenante dans les filières Bachelor Théâtre, pour les comédien·nes, et Master Théâtre, pour les metteur·es en scène et scénographes, ainsi qu'au sein des missions Recherche et Formation continue.En 2020, elle met en scène le spectacle de fin d'études de la promotion K du Bachelor Théâtre, "Sur la voie royale", basé sur la pièce éponyme d'Elfriede Jelinek.

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