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COMPAGNIE STURMFREI – MAYA BÖSCH

HØPE, HOWL & A STATEMENT ON BODY, SOUND, SPACE AND TIME

CRÉATION – INSTALLATION – PERFORMANCE

WILHELM MÜLLER, FRANZ SCHUBERT, ELFRIEDE JELINEK, ALLEN GINSBERG, TIMO KIREZ

« Cette création est un geste artistique de confrontation dont Maya Bösch a toujours rêvé. HØPE ou comment construire théâtralement un bastard pop (genre musical hybride). »

Maya Bösch et sa compagnie sturmfrei nous offrent un ultime statement au GRÜ, un long cri : HØPE. Une dernière traversée sonore avec, au centre du projet, l’ANTITHEATRE d’Elfriede Jelinek Je voudrais être légère qui habite sturmfrei depuis des années.

Le projet HØPE se développe en trois volets successifs qui donnent lieu in fine à un choc esthétique. Il y a d’abord la création A statement on body, sound, space and time, montée avec un ensemble d’interprètes féminines où s’entrechoquent les différents lieder du Voyage d’hiver de Franz Schubert et l’univers sonore de Vincent Hänni, à un espace conçu par Sylvie Kleiber. Puis le volet Howl, poème phare d’Allen Ginsberg repris avec un ensemble d’interprètes masculins dans un espace conçu par Thibault Vancraenenbroeck, après sa création en novembre dernier lor de la Biennale Charleroi Danses en Belgique. Au centre, Je voudrais être légère, comme choc, interruption et lien entre white et black.

Des filles d’un côté, des garçons de l’autre. Les deux ensembles investissent tous les espaces du GRÜ où se joue la rencontre entre ces trois créations de Maya Bösch. Femmes et hommes se partagent une expérimentation sur un nouveau texte-fleuve : fragments poétiques, chants, manifestes et odes se croisent, faisant du théâtre et de son architecture une installation plastique, visuelle et sonore. Entrechoquer langues, paroles, rythmes, pensées et corps. Mettre en mouvement toute une aile de la Maison des Arts. Une explosion, un dernier cri, conduisant à une fusion de tous ces interprètes sur une seule ligne.

Dans la white box, A statement on body, sound, space and time. L’espace blanc de la white box prête à la solitude, à l’errance des corps dans un labyrinthe fragmenté. L’envie est d’évider l’espace, de le trouer, de créer le vide pour laisser ces corps féminins errer dans un silence étrange et inquiétant.

Dans la black box, la poursuite du projet Howl d’Allen Ginsberg dont Maya Bösch nous a donné une générale suisse à l’automne dernier. De ce projet créé dans un hangar de 800m2 à Charleroi, il reste cinq acteurs et un guitariste fondus dans le noir, en corps à corps avec le public, dans une intime proximité. Un cri masculin pour porter Howl, pour hurler, mugir et donner de l’espoir.

Elfriede Jelinek relie les deux espaces avec un texte fondateur de l’anti-théâtre, Je voudrais être légère. Un rapport frontal entre la performeuse et les spectateurs, où la scène devient une vitrine du Hall de la Maison des Arts. Réentendre Je voudrais être légère, comme un intermède dans HØPE, un retour aux sources dans le travail de recherche de la compagnie sturmfrei.

On doit garder de HØPE l’image d’un ensemble, d’une seule partition, d’un voyage dramaturgique, sensoriel à travers différents cris, corps, époques et temporalités éphémères : GESCHICHTE IST EXPERIMENT

Tous ces textes prônent le culte du « moi », affirment leur opposition à un idéal classique ou conventionnel quelconque.

Tous les espaces scéniques proposent un rapport optique singulier et chaque fois différent, et interrogent ainsi le rôle et la perception du spectateur et de l’artiste, dans une succession de situations.