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Construire un feu
Christian Bili

12 février à 19h, à Utopiana
Durant une année, Christian fait un feu les nuits de pleine lune dans le jardin d’Utopiana afin de laisser de côté la calendarité commerciale et pour expérimenter une manière de se composer collectivement depuis la dynamique du haïku « il y avait un arbre, il y a un feu ».

   

Laboratoire de chromatographies circulaires
Emanuela Ascari

Du 17 février au 11 mars au Commun
Lors de sa résidence à Utopiana en été 2016, Emanuela Ascari a récolté des échantillons de terre provenant de Genève afin de les transformer en données d’analyses sous forme d’images, grâce à la technique de la chromatographie circulaire. Cette méthode d’analyse des sols est utilisée par les agriculteurs/trices biodynamiques a n de comparer les caractéristiques des matières analysées. Il s’agit d’un processus de laboratoire qui permet de créer des images/dessins par lesquels les substances analysées manifestent leurs caractéristiques en réaction à du nitrate d’argent et à la lumière. Ses « paysages chromatographiques » sont des expressions visibles de la qualité et de la vitalité des sols.

 

Chaos Fungorum
Marion Neumann

Du 18 février au 11 mars au Commun
Ils sont partout, sous terre ou dans le bois d’une branche, dans les dunes de sable, sous l’eau, dans un réacteur nucléaire et dans nos poumons. Les champignons transpercent le monde de leurs réseaux. Invisibles et silencieux, vies multiples en constante connexion, ils travaillent à guérir, à maintenir et à faire évoluer la vie sur terre. C’est peut-être cet état entre plante et animal qui est à l’origine de leur puissance… Les champignons proposent le renouvellement éternel et symbolisent la capacité générative et vivifiante de la nature et de nous-mêmes. Avec leur force d’adaptation et l’intelligence de la symbiose, ils sont expert en durabilité, transformant des énergies fossiles sans créer de déchets. La pleurote est capable de briser et de recycler les filtres de cigarettes en deux mois alors qu’il faut 20 ans pour que la nature puisse les faire disparaître. Comment est-il possible d’atténuer la nocivité de nos mégots, qui sont l’une des formes les plus courantes de pollution dans le monde ? Installé dans un laboratoire « do it yourself » au Commun durant le temps de l’exposition, ce processus de transformation est visible et invite le public à participer au recyclage. Des cendriers éprouvettes « to go » seront distribués et chaque participant-e pourra décomposer ses propres déchets.

Échafauder le Commun
Anna Barseghian

Du 18 février au 11 mars au Commun
« La question de la technique n’est rien d’autre que la question du sens poussée à ses limites » Jean-Luc Nancy
Les champignons, ces intellectuels organiques et visionnaires, sont des agents créatifs. Ils ont transformé les substances toxiques en cures; ils ont changé une réalité apocalyptique annonçant de nouveaux signes de commencement vers de nouvelles possibilités bioculturelles.
 « Les ruines sont maintenant nos jardins », dit l’anthropologue Anna Tsing, « des paysages dégradés, blessés produisent nos moyens de subsistance ». La remédiation par les champignons est un des exemples de méthodes alternatives qui suggèrent l’intégration de ces déchets dans le cycle de l’écosystème. Une simulation de ce genre est mise en place, pour une possible décontamination : les plots en bois du sol du Commun peuvent disparaître en laissant dans les trames tissées par le mycélium une mémoire lourde d’un passé hanté par le progrès. Ce travail a été mis en place en collaboration avec Geoffroy Grignon, Peter McCoy et Marion Neumann.

Essai visuel
Isabelle Papaloizos

Du 21 février au 11 mars au Commun
On peut penser aux choses, penser les choses, et penser entre les choses.
L’hypothèse de la sémiosphère, selon laquelle il n’y aurait pas d’adaptation des organismes à un environnement existant, mais création par ces mêmes organismes d’un environnement qui se renouvelle dans la lecture réciproque de signes produits par les uns et les autres, ouvre à de nombreuses lectures philosophiques, politiques, poétiques et écologiques. De la même façon que s’est émoussée notre acuité auditive pour comprendre les sons que les divers écosystèmes émettent, notre regard peine à distinguer les signes que les biotopes expriment. Il sera question de territoires, de paysages et de représentations, de lecture de signes et de mises en relation, afin d’évoquer par télescopage une contamination, qui est avant tout celle de notre regard. Seront invoqués le deuil des castors, la face cachée de la lune, la zone d’exclusion de Tchernobyl, la survie des chevaux de Przewalski, la neige artificielle et une grenouille dans une piscine…

Est-ce possible ?
Clarissa Alcantara et Ive Luna

Du 21 février au 11 mars au Commun
Guérir un bâtiment entier avec cinq petits morceaux de bois, est-ce possible ? Un bâtiment contaminé pendant de longues années. Imprégné par des matières nocives pour le corps humain. Pour y remédier, aucun miracle, mais l’envie de faire quelque chose et de se disposer à chercher un moyen. Cela suffit pour mettre en mouvement le mystère de faire le secret, ouvrir un champ de possibles. Le 17 janvier, Clarissa Alcantara et Ive Luna ont donné place à un rituel de guérison. Le chant appelle la présence de l’esprit qui commence le travail, sa danse ouvre des dimensions subtiles qui sont instaurées dans l’environnement. Deux esprits, chacun en son temps, avec des gestes précis, ont traité chacune de ces pièces qui suivent maintenant leur processus de guérison. Ils disent : « Nous ne faisons pas de miracles. Les humains ont la capacité de donner la vie et aussi de produire d’énormes catastrophes. Ce que nous avons fait ici a été de neutraliser et de réduire l’action nocive de cette contamination. Toutes les personnes impliquées dans cette action reçoivent les mêmes avantages de cette transmutation. Ce travail se poursuivra aussi longtemps que les effets des connexions qui ont été faites ici ».

Plastes
Valentin Kunik et Guillaume de Morsier – Kunik de Morsier architectes

Du 21 février au 11 mars au Commun
« Le Commun » est caractérisé par la qualité de son air, peu renouvelé et vicié, contaminé par des matériaux datant du passé industriel du lieu. La modernité a créé des environnements intérieurs de plus en plus clos, affranchis de leur contexte. La qualité de l’air y est maîtrisée, normée
et uniformisée. L’air a perdu sa qualité sensible. En tant qu’architectes, Kunik de Morsier sont particulièrement intéressés par le rôle que peut prendre l’air dans la perception que nous avons d’un espace. Ils proposent une installation basée sur un système de remédiation biologique de l’air. Leur espace fonctionne à l’aide d’algues et de cyanobactéries collectées localement sur le périmètre extérieur du bâtiment. Cultivés dans
des photo-bioréacteurs, ces microorganismes vont purifier l’air au fur et à mesure de leur croissance. Un système de renouvellement de l’air fera transiter l’air vicié dans cet écosystème artificiel, puis pulsera l’air purifié dans l’espace d’exposition où il pourra être inhalé par le public. Vivante et évolutive, cette architecture de l’air transforme le bâtiment au-delà même du temps de l’exposition.

Wasteland Liquified
Daniel Fetzner et Martin Dornberg

Du 21 février au 11 mars au Commun
La recherche artistique Wasteland menée par Daniel Fetzner et Martin Dornberg se situe à l’intersection topologique de l’art, de la philosophie et de l’écologie des médias dans l’Anthropocène. Elle crée des expériences sensorielles de différentes formes et à différentes phases de la matière et des déchets. L’installation Wasteland Liquified utilisera de la vidéo à 360° et du son ambiophonique comme une expérience interactive et une prolongation du projet de recherche artistique Wasteland. Ce projet explore un flux de substances (im)matérielles, afin de construire un média écologique maillé avec le visiteur/usager. L’interface orientée sur les objets, avec ses multitudes de relations entre objets sur la scène, sera installée et performée telle un « flux de substance matérielle dans un espace topologiquement fluide » (Ingold). Qu’est-ce qui devient (le) matériel et (le) sémiotique, dans le contexte d’un documentaire interactif et de ses vidéos, basés sur internet et à 360° ? Comment ce maillage et ces entrelacs s’émulsifient-t-ils avec notre pensée liquide ? Peut-on considérer l’interface comme un « hyperobjet » (Morton) ou comme une « sémiosphère vivante » (Uexküll) ? Quelles sont les conséquences d’un mode participant d’observation/d’expérience artistique ? Qu’est-ce qui transforme les objets, les concepts, les êtres vivants (parasites/bactéries) soit en déchets soit en quelque chose d’utile ?

Wasteland (UA)
Concert d’ouverture d’Ephraim Wegner

21 février à 19h au Commun (durée : env. 30 min.)
La composition Wasteland d’Ephraim Wegner est divisée en trois parties et combine des enregistrements sonores de la « ville des déchets » (le village de Mokattam) au Caire en Égypte avec ceux d’une centrale de traitement des déchets à Eschbach en Allemagne. Pendant que les deux premières parties introduisent les particularités et différences sonores des espaces acoustiques du Caire et d’Eschbach, la troisième et dernière partie tente de les combiner. Les rues du Caire, ses sons et les voix des travailleurs fusionnent avec le sifflement et le grésillement d’immenses turbines, le bruit martelant qui survient durant la phase de nettoyage de l’usine, plusieurs clapets grinçants et le son de boursouflures, des scories incandescentes qui s’éclaboussent sur le sol de l’établissement. L’installation audiovisuelle du même nom propose une sonification des sons des deux endroits par synthèse granulaire, chaîne de Markov et à l’aide d’autres opérations aléatoires. Ainsi, l’installation permute des décisions créatives en une certaine extension du système programmé, alors que la composition laisse ce champ d’interprétation à l’artiste.


Expose Dispose
Christian Bili

February 12th, 19h at Utopiana
For a year, in the garden of Utopiana, Christian builds a fire during nights of the full moon to put aside the commercial calendarity and to experiment with ways of composing collectively following the dynamic of the haiku “there was a tree, there is a fire”.

Circular Chromatography Laboratory
Emanuela Ascari

From February 17th to March 11th at Le Commun
During her residency at Utopiana in summer of 2016, Emanuela Ascari collected soil samples in Geneva to transform them into analysable data in the form of images by using the technique of circular chromatography. Biodynamic farmers employ this method of soil analysis because it allows them to compare the characteristics of the analysed materials. It is a laboratory procedure that creates images/drawings through which the analysed substances manifest their characteristics while reacting to silver nitrate and light. These “chromatographic landscapes” are visible expressions of the quality and vitality of soils.

Chaos Fungorum
Marion Neumann

From February 18th to March 11th at Le Commun
They are everywhere, under the ground or in the wood of a branch, in the sand dunes, under the water, in a nuclear reactor and in our lungs. Mushrooms penetrate the world with their networks. Invisible and silent, mushrooms work to heal, to maintain and to evolve life on Earth.
Perhaps it is this state – between plant and animal – which is at the origin of its power… Mushrooms propose eternal renewal and symbolise the generative and vivifying capacity of nature as well as our own. With its adaptive force and symbiotic intelligence, they are experts in durability, transforming fossil energy without generating waste. The oyster mushroom is able to crush and recycle cigarette filters in two months, while it takes 20 years for nature to make them disappear. How is it possible to reduce the harm caused by our cigarette buds, which are one of the most common forms of pollution in the world? Set up in a “DIY” laboratory at Le Commun during the time of the exhibition, this transformative process is made visible and invites the public to participate in recycling. Each participant will be given a test-tube ashtray “to go” so that they can decompose their own waste.

Scaffolding Le Commun
Anna Barseghian

From February 18th to March 11th
“The question of technics is nothing other than the question of sense pushed to its limits.” Jean-Luc Nancy
Mushrooms, these organic and visionary intellectuals, are creative agents. They transformed toxic substances into cures; they changed an apocalyptic reality into new biocultural possibilities, announcing new signs of beginnings. “Ruins are now our gardens”, says the anthropologist Anna Tsing, “Degraded (“blasted”) landscapes produce our livelihoods.” Remediation by mushrooms is one of the examples of alternative methods of waste integration into the cycle of the ecosystem. A simulation of this kind is put into place for a possible decontamination of the floors at Le Commun. The wooden blocks forming the floor of Le Commun could disappear, leaving a memory of the past haunted by progress within the structure woven by mycelium. This work was created in collaboration with Geoffroy Grignon, Peter McCoy and Marion Newmann.

Visual Essay
Isabelle Papaloizos

From February 21st to March 11th at Le Commun
We can think about things, think things, and think (in)between things.
The hypothesis of the semiosphere according to which organisms may not be the ones adapting to the existent environment, but rather where these very organisms generate an environment that is endlessly renewed through a reciprocal reading of signs produced by all, opens up a number of philosophical, political, poetical and ecological readings. In a manner similar to our loss of acuteness in hearing of sounds emitted by various ecosystems, our sight pains to distinguish the signs that the biotopes express. We will be dealing with territories, landscapes and representations, readings of signs and links, so as to evoke, through the process of telescoping, a contamination above all, by our own gaze. We will invoke the mourning of beavers, the hidden face of the moon, Chernobyl’s exclusion zone, the survival of the Przewalski’s horses, artificial snow and a frog in a swimming pool…

Is It Possible?
Clarissa Alcantra and Ive Luna

From February 21st to March 11th at Le Commun
Is it possible to heal a whole building with five little pieces of wood? A building has been contaminated for years. It is soaked through with chemicals harmful to the human body. There is no miracle cure for this but there is the wish to do something about it and a desire to look for the means. That is enough to set in movement the mystery of making secrets, to open up a field of possibilities. On Tuesday, January 17th, Clarissa Alcantra and Ive Luna have given place to a healing ritual. The chanting called forth the presence of the spirit that will start the work, its dance opens the subtle dimensions established in the environment. Two spirits, each in its own time and precise gestures, have treated the pieces of wood which are now on their way to recovery. They tell us: “We don’t make miracles. The humans have the ability to give life and to generate enormous catastrophes. What we have done here was to neutralise and reduce the harmful consequences of this contamination. All those who participated in this action receive the same advantages as this transmutation. This work will last as long as the effects of the connections that were done here.”

Plastids
Valentin Kunik and Guillaume de Morsier – Kunik de Morsier Architects

From February 21st to March 11th at Le Commun
“Le Commun” is characterised by the quality of its unchanged and stale air, contaminated by materials dating back to the industrial past of the building. The interior environments that modernity created are more and more closed off, separated from their contexts. The quality of air in these environments is controlled, normalised, and uniform. Air has lost its perceptible quality. As architects, Kunik de Morsier are particularly interested by the possible role of air in our perception of space. They propose an installation based on a system of biological remediation of air. This space functions due to algae and cyanobacteria collected locally on the exterior perimeter of the building. Cultivated in photo-bioreactors, these microorganisms will purify the air as they develop. An air-renewal system will transport the stale air through the artificial ecosystem and expel the purified air back into the exhibition space where visitors can inhale it. Alive and evolving, this “air architecture” will transform the building beyond the time of the exhibition.

WASTELAND LIQUIFIED
Daniel Fetzner and Martin Dornberg

From February 21st to March 11th at Le Commun
The artistic research project entitled WASTELAND led by Daniel Fetzner and Martin Dornberg is situated at the topological crossroads between art, philosophy and media ecology in the Anthropocene. It creates sensory experiences of various forms and stages of matter and waste.
The installation WASTELAND LIQUIFIED will use 360° video and ambiophonic sound as an interactive experience and a continuation of the WASTELAND research project. It explores the flow of (im)-material substances in order to establish a media ecological meshwork with the visitor. The object oriented interface, with its multitudes of inner-scenic relations will be installed and performed as a “flow of material substance in a pace that is topologically fluid” (Ingold). What are (the) materials and (the) semiotics in the context of a web-based 360° interactive documentary? How does this meshwork emulsify with our liquid thinking? Can we consider the interface as a “hyperobject” (Morton) or as a “living semiosphere” (Uexküll)? What are the consequences of an embedded mode of observation as artistic experience? What transforms objects, concepts, living beings (parasites/bacteria) into waste or into something useful?

WASTELAND (UA)
Opening concert by Ephraim Wegner

February 21st, 19h at Le Commun (lasts approx. 30 mins.)
The composition WASTELAND by Ephraim Wegner is divided into three parts and combines sound recordings from the “Garbage City” (the village of Mokattam) in Cairo, Egypt with those taken in Eschbach, Germany at the waste-to-energy plant. While the first two parts introduce the sonic peculiarities and differences of the acoustic spaces of Cairo and Eschbach, the third and last part attempts to combine the presented locations. From the streets of Cairo, the sounds and the voices of workers fuse with the whistles and sizzles of immense turbines, with the pounding noise generated during the plant’s cleaning process, several squeaking valves and the sound of blistering, the red-hot slag that splashes on the floor of the facility. The audio-visual installation of the same name proposes a sonification of sounds from these two places through the use of granular synthesis, the Markov-chains and other random operations. Thus, the installation transforms creative decisions into a certain extension of the programmed system, while the composition leaves the field of interpretation to the artist/performer.