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La Bête et l’Adversité

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Un projet de Anna Barseghian, Stefan Kristensen, Isabelle Papaloïzos

En collaboration avec Atelier B/CB, Anne Laure Beuret, Katia Dobretz, Gaël Grivet, Frédérique Guérin, Le Pote à Jean, Françoise Mamie, Raphaelle Mueller, Plantopic et Catherine Weber

L’homme a une histoire, dit-on, parce qu’il transforme la Nature. Dans cette histoire, la morale et la politique s’occupent des hommes en les séparant de leur milieu (Umwelt). Il est de plus en plus nécessaire, pour comprendre ce que les humains font ensemble, de tenir compte des non humains qui depuis longtemps sont conçus comme des ressources ou comme un décor, alors qu’en réalité ces acteurs jouent un rôle à tout instant et se rappellent aujourd’hui à notre bon souvenir.

Prendre le point de vue de la Bête serait une manière de rétablir une strate de la sensibilité humaine, pour comprendre les termes non seulement de notre espèce, la vie sous la forme humaine, mais aussi toutes les autres formes vivantes.

Le programme de La Bête et l’Adversité propose des parcours entre Utopiana et Le Commun, en passant par la forêt, l’espace urbain ou encore des espaces «renaturés». Ces espaces intersubjectifs, ces traversées ou dérives entre soi-même, l’autre et les paysages, mettent en acte une sensibilité particulière face à notre «environnement». Ce qui est «dehors» se rejoue par rapport à ce qui est «dedans». La géométrie des savoirs se transforme. Ces mêmes déplacements deviennent des expériences.

Exposer – disposer – performer sont trois moments et espaces différenciés qui imaginent une réinvention du quotidien et questionnent les conditions de transmission sensible dans leur complexité. Quant aux Ateliers de réflexion, ce sont des moments d’expérimentation de la pensée où les idées sont traitées comme des processus organiques. Que se passe-t-il dans la pensée lorsqu’elle se laisse transformer par la nature?

La Bête et l’Adversité favorise ainsi des situations propices à une réflexion sur les manières d’être dans l’adversité, qui se construisent avec les non humains, et des mises en perspective d’attitudes qui refusent la représentation dominante d’une séparation entre nature et société, humain et non humain, art et vie. La Bête et l’Adversité met en place un processus contingent qui aménage les possibilités de changements sociaux et environnementaux par la réinvention de nos modes d’existence, la construction de discours et de pratiques innovants et la production de savoirs qui concourent à narrer autrement nos histoires.


A project of Anna Barseghian, Stefan Kristensen, Isabelle Papaloïzos

In collaboration with Atelier B/CB, Anne Laure Beuret, Katia Dobretz, Gaël Grivet, Frédérique Guérin, Le Pote à Jean, Françoise Mamie, Raphaelle Mueller, Plantopic and Catherine Weber

It is said that humans have a history because they transform Nature. In this history, morals and politics carry humans by separating them from their milieu (Umwelt). In order to understand what humans do together, it is increasingly necessary to take non-human life forms into account, life forms that have long been considered as resources or decor, though in reality these actors play an ongoing role and communicate with us.

To take on the point of view of the Beast would be one way to re-establish a certain depth of human sensibility, to understand the condition not only of our own species, of life in its human form, but also of life in all its manifestations.

The program of «The Beast and Adversity» proposes voyages between Utopiana and Le Commun (BAC), passing through the forest and urban spaces, and «renatured» spaces. These intersubjective spaces, these crossings or derives among oneself, the other and the landscape, activate a particular sensibility in the face of our «environment.» That which is «outside» is replayed in relation to that which is «inside.» The geometry of knowledges is transformed. These same displacements become experiences.

Exhibiting – arranging – performing also figure into the program and are placed in three differentiated moments and spaces that imagine a reinvention of the quotidien and question the conditions of the transmission of sensibilities in all their complexities. The Reflection Workshops are moments of experimentation in thought where ideas are treated like organic processes. What happens in thought when it is left to be transformed by nature?

The Beast and Adversity thus favors situations that are propitious for a reflection on ways of being in adversity which are built with non humans, and on the placing in perspective of attitudes that refuse the dominant representation of a separation of nature and society, human and non human, art and life. The Beast and Adversity establishes a contingent process that alters the possibilities of of social and environmental changes through the reinvention of our modes of existence, the construction of innovative discourses and practices, and finally the production of knowledges that contribute to an alternative narration of our histories.